Dans la famille des concerts ajoutés (presque) à la dernière minute, peu de gens auraient osé espérer la venue de The Kills à Nancy. Pourtant, il y a quelques semaines, la nouvelle tombait… The Kills se produirait bel et bien à l’Autre Canal de Nancy. Forcément, l’annonce fait mouche et la salle frôle inévitablement le sold out quelques heures avant le concert. Après un dernier album mitigé ainsi que quelques récents concerts ayant donné du fil à retordre aux critiques (notamment à Rock en Seine), voilà une bonne raison d’aller jeter un oeil au concert en ce Vendredi 18 Novembre.

Je m’attendais à une salle pleine à craquer bien avant l’heure, mais un bon nombre de personnes semble avoir considéré la première partie comme étant optionnelle ! En l’occurence, Weekend. Inconnu au bataillon pour ma part, le groupe originaire de San Francisco s’avère être un trio montant de la scène shoegaze californienne. Que dire du groupe si ce n’est qu’on y reconnait bien vite ses influences et une certaine « patte » musicale empruntée à Joy Division. Non pas que le style demande une énergie extraordinaire sur scène mais le groupe semble un peu timide pour l’occasion… Malgré cela, le style du trio fera son effet à coups de distorsions et de chimie de pédales à effets, caractéristiques précises du shoegaze (shoe (chaussure) et gaze (regarder)).

Weekend / Crédits photos – Nadèje Taront

Quelques instants de changement de plateau et la salle commence (enfin) à se remplir tout doucement. Détail frappant, deux tambours sont installés de chaque côté de la scène, surelevés et en retrait des amplis. Pour le reste, il n’y a plus qu’à attendre… mais le duo infernal ne se fera pas attendre très longtemps. Les lumières s’éteignent, ça se pousse dans la fosse et on imagine les frissons de ceux pour qui l’expérience « live » des Kills sera la première…

The Kills / Crédits photos – Nadèje Taront

C’est Jamie Hince qui foule la scène de l’Autre Canal le premier, suivi de près par Alison Mosshart. Fidèle à eux-mêmes, le charisme de l’anglais et de l’américaine se dégage immédiatement, malgré une coloration violette relativement moche pour cette dernière !  Pas de blabla inutile, deux coups de cordes suffisent à Jamie pour annoncer la couleur et entamer le set. On découvre immédiatement l’utilité des tambours avec l’arrivée de quatre hommes venant s’y poster, baguettes au poings et tout de noirs vêtus, chacun arborant un bandeau « bandidos » sur le visage.

La machine se lance rapidement avec les rouages de « Kissy Kissy« , suivi de « URA Fever« . Jamie ne semble n’avoir rien perdu de sa dextérité grasse et précise, accompagnant la voix si particulière d’Alison. Néanmoins, un détail presque anodin marque de suite un tournant avec les précédents shows de l’histoire du groupe. La distance entre le duo. Les premiers concerts du groupe avait habitué le public à une proximité très fusionnelle entre Jamie Hince et Alison Mosshart. Une fusion entre les deux personnes, musicale et presque sexuelle tant l’énergie dégagée y était forte. Ce soir, presque 4m sépare les deux musiciens qui semblent effectuer leur « travail » chacun de leur côté.

The Kills / Crédits photos – Nadèje Taront

Qu’à cela ne tienne, l’énergie des Kills est néanmoins toujours présente, même si quelque peu transformée. Le public est réceptif et se régale avec des titres comme « Superstition« , « Last Day Of Magic » ou « Cheap and Cheerful« . Plus le set avance, plus Jamie Hince se fait présent dans son jeu de guitare. Déjà réputé pour un touchée de guitare très gras, sec et précis… celui-ci ne fait que se confirmer au fur et à mesure, pour devenir de plus en plus puissant. « Pale Blue Eyes » et « Tape Song » viennent apporter une (presque) apogée au set, appuyé par l’intervention sur certaines chansons des quatres « bandidos » aux tambours, apportant une puissance supplémentaire au duo.

The Kills / Crédits photos – Nadèje Taront

Le concert fait son petit bout de chemin mais toutes les bonnes choses ont une fin et le rappel pointe rapidement le bout de son nez. « Sour Cherry » et « Last Goodbye » viennent clôturer le concert, avec une version presque religieuse de cette dernière. Une évolution est de façon indéniable présente au sein du groupe et pour certains, la distance et la perte de complicité entre le duo est déstabilisante. Néanmoins, ce soir  The Kills auront largement encore réussi à faire transpirer leur énergie à travers une musique puissante, une musique dompté, au service de deux personnages charismatiques et plein de talent.

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